← Toutes les ressources
Management 28 septembre 2026 · 7 min de lecture

L'exemplarité du manager n'est pas un don. C'est mesuré, et ça s'entraîne.

Une étude de terrain, sur de vrais managers, avec de vrais chiffres à la clé. Pas une intuition de coach.

« Il faut être exemplaire. » On le répète aux managers depuis toujours, comme une évidence morale. Ce qu'on dit rarement, c'est que ça se mesure, et que ça s'entraîne comme n'importe quelle autre compétence.

Une expérience de terrain, pas une opinion

En 1985, le chercheur Christopher Orpen a mené une expérience simple sur 25 responsables d'agence dans une compagnie d'assurance. Répartis au hasard, une partie a suivi 48 heures de formation au behaviour modeling, c'est-à-dire l'entraînement à incarner concrètement les comportements attendus de leurs équipes, plutôt qu'à seulement les énoncer. Un an plus tard, les managers formés obtenaient des évaluations de performance significativement supérieures, et les bénéfices de leur agence avaient augmenté nettement plus que ceux des managers non formés.

Ce n'est pas un sondage d'opinion ni une étude corrélationnelle. C'est une expérience contrôlée, avec un groupe témoin, qui isole l'effet de l'entraînement lui-même. L'exemplarité n'est pas sortie de nulle part : elle a été construite, en 48 heures, avec un effet mesurable sur le compte de résultat.

Le mindset se voit, et se change

La psychologue Carol Dweck distingue deux postures chez un manager. Le mindset fixe : on juge un collaborateur compétent ou non dès le départ, et cette étiquette ne bouge plus, même quand la personne progresse réellement. Le mindset de croissance : on part du principe que les compétences se développent, et on continue à observer, corriger, encourager.

Les travaux de Peter Heslin, Don VandeWalle et Gary Latham montrent que les managers au mindset fixe font beaucoup moins de coaching de développement, et surtout, ne remarquent pas les progrès de leurs équipes quand ils ont lieu. Ils restent bloqués sur leur première impression. Bonne nouvelle : Dweck elle-même le documente, un simple atelier centré sur le mindset de croissance suffit à faire bouger cette posture chez un manager.

Ce qui s'entraîne concrètement

Le comportement

Incarner ce qu'on demande à son équipe, pas juste l'énoncer. C'est ce qu'Orpen a testé : 48 heures d'entraînement, un an plus tard, de meilleures évaluations et plus de profits.

L'énergie n'est pas un trait de caractère

Le troisième pilier tient moins au comportement ou aux idées qu'à la ressource elle-même. Le cadre développé par Jim Loehr et Tony Schwartz (The Power of Full Engagement) part d'un constat simple : on gère son temps, on ne gère jamais son énergie. Or l'énergie, physique, émotionnelle, mentale, se comporte exactement comme un muscle : elle s'épuise sans récupération, et elle se développe avec un entraînement régulier, pas avec de la volonté brute.

Un manager fatigué n'est pas un manager qui manque de caractère. C'est un manager qui n'a pas appris à alterner l'effort et la récupération, à la manière d'un athlète. Ça s'apprend exactement comme le reste, avec des habitudes précises, pas avec un discours de motivation.

Ce que ça change concrètement

Mettre ces trois éléments bout à bout change la question qu'on se pose sur un manager. Ce n'est plus « est-il fait pour ça ? », une question de nature, à laquelle on ne peut rien. C'est « quel comportement, quel mindset, quelle gestion de l'énergie faut-il entraîner chez lui, cette année ? », une question de méthode, à laquelle on peut répondre.

→ Pour creuser : le vrai métier derrière le mot management · les 4 styles de management, lequel est le bon

L'exemplarité s'entraîne. Ça tombe bien, c'est notre métier.

Comportement, mindset, énergie : on travaille les trois, sur vos situations réelles.

Découvrir la formation Management →

Pour aller plus loin

Orpen, C. (1985). The Effects of Behaviour Modelling Training on Managerial Attitudes and Performance, International Journal of Manpower, Vol. 6.
Dweck, C. (2006). Mindset: The New Psychology of Success, Random House.
Loehr, J. & Schwartz, T. (2003). The Power of Full Engagement, Free Press.